Kyoto ou l’élégance héritée

août 29th, 2008 by admin

An 794 : nous quittons donc Nara pour la ville nouvelle de Kyoto, qui devient capitale, centre du pouvoir, mais aussi de la vie de cour et de ses raffinements. C’est aujourd’hui encore une sorte de conservatoire des arts et des traditions du Japon ancien. Du moins, si l’on se donne la peine de fouiller la ville moderne, bien présente et vivante. Cette ville, nous l’avons donc parcourue pendant quatre jours, de temple en temple, puisque les sanctuaires et leurs merveilleux jardins sont les principaux vestiges, avec de rares palais. Mais les traditions sont également présentes le long des rues, dans les façades de bois et de bambou, dans les kimonos des promeneurs.

Le quartier le plus préservé se trouve un peu à l’extérieur du centre, à l’est de Gion et dans les Monts de l’Est (Higashiyama). Il semble comme séparé du reste de la ville par le sanctuaire Yasaka, dont le portique orange marque l’entrée dans un autre monde.

Le quartier de Gion est surtout connu pour ses geishas, ces artistes qui font profession de distraire. La geisha se reconnait au premier abord à son kimono (généralement une oeuvre unique d’une très grande valeur), son visage blanchi aux lèvres dessinées de rouge. Mais l’essentiel de sa pratique réside dans une maîtrise très pointue des arts traditionnels (danse, cérémonie du thé, guitare shamisen…), qui lui demande un travail quotidien, toute sa vie durant. Elles se produisent généralement pour de riches clients dans des maisons de thé (ochaya). Nous avons d’ailleurs pu apercevoir l’une d’entre elle accompagnant un client dans l’allée Pontocho (légèrement à l’ouest de Gion), entièrement bordée de restaurants et d’ochaya, comme vous pouvez le constater :

Mais c’est en marchant, l’après-midi, dans les petites rues de l’est, que nous avons eu la chance de rencontrer ce magnifique couple qui posait pour des photographes, et dont le regard et la posture révélaient, même chez l’enfant, de véritables professionnelles :

Mais ici, même les simples maisons, les promeneurs habituels semblent échappés d’un Japon d’antan. Etrangement, cela ne paraît jamais folklorique, sans doute à cause de la grande beauté des constructions et des tenues, qui utilisent toutes des matériaux naturels d’une grande qualité. Les maisons, par exemple, sont entièrement en bois, avec des rehauts de bambous ou de paille de riz. L’ensemble est éclairé par des tissus pendus aux ouvertures et des plantes cultivées dans le moindre espace libre.

En fait, la nature (très travaillée), n’est jamais bien loin au Japon, et derrière ces petites rues se cachent des jardins, dont le plus grand et le plus beau (le parc Maruyama), couvert de cerisiers au bord de l’eau, fait un exquis lieu de promenade. Et comme pour être dignes du décor, les promeneurs sont assez nombreux à sortir le kimono (ainsi que le petit sac en tissu, les socs de bois et l’ombrelle qui vont avec).

La mode du kimono semble encore bien vivace au Japon, même chez les jeunes, et on en croise assez souvent dans la rue, y compris à Tokyo, particulièrement le dimanche. Il est vrai que la tenue est élégante, sied à tout le monde et impose une démarche relativement distinguée (quoiqu’un peu entravée) !

Autre grande tradition vestimentaire chez les religieux, des moines qui quêtent aux carrefours aux prêtres shintos, dont la tenue épurée et immaculée ne dépare pas la beauté de leurs temples :

Posté dans Visites hors Tokyo

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